À l’occasion du 60ᵉ congrès de la Société Française de Chirurgie Maxillofaciale et de Stomatologie, qui s’est tenu récemment à Marseille, le Professeur Romain Nicot, coordinateur du projet Inside 3D, a eu l’opportunité de présenter le rapport du congrès portant sur la chirurgie prothétique de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM).
Un rendez-vous clé pour la communauté médicale et pour le projet Inside 3D
Ce congrès national constitue un temps fort pour les spécialistes de la discipline, réunissant chirurgiens, chercheurs et industriels autour des dernières avancées en chirurgie maxillo-faciale. L’intervention du Pr Romain Nicot s’inscrit pleinement dans ces dynamiques, en lien direct avec les transformations des pratiques chirurgicales portées par le numérique et l’impression 3D.
Chirurgien maxillo-facial spécialiste de l’articulation temporo-mandibulaire, le Pr Nicot joue un rôle central dans le projet Inside 3D. Au-delà de la coordination, il contribue à l’orientation scientifique, notamment sur les applications cliniques liées à la chirurgie prothétique et à la reconstruction.
Inside 3D vise à structurer et développer l’usage de l’impression 3D à l’hôpital, en particulier en chirurgie maxillo-faciale et en odontologie. À ce titre, les travaux présentés illustrent concrètement l’apport de ces technologies dans l’évolution vers une médecine plus personnalisée et plus précise.
Une recherche au cœur de la médecine personnalisée
Les éléments présentés portent sur une question centrale en chirurgie de l’ATM : le choix entre prothèses standardisées et prothèses sur mesure.
Historiquement, les prothèses standardisées ont constitué la solution de référence, notamment en raison de leur disponibilité et de leur coût maîtrisé. Cependant, les avancées récentes en imagerie 3D, en planification chirurgicale et en impression 3D ouvrent la voie à une approche plus personnalisée, avec des implants conçus spécifiquement pour chaque patient.
Dans ce rapport, le Pr Nicot propose une analyse critique des deux approches, en s’appuyant sur les données cliniques disponibles et l’expérience des équipes chirurgicales.
Des résultats en faveur du sur-mesure dans les cas complexes
Les résultats présentés mettent en évidence plusieurs points clés :
- Les prothèses standardisées restent pertinentes dans les situations anatomiques simples, grâce à leur accessibilité et leur efficacité éprouvée.
- Les prothèses sur mesure offrent en revanche une meilleure adaptation anatomique, une plus grande stabilité mécanique et une meilleure prévisibilité des résultats dans les cas complexes (déformations, pertes osseuses, reprises chirurgicales).
- À long terme, les implants personnalisés permettent une amélioration fonctionnelle mesurable, notamment en termes d’ouverture buccale et de qualité de vie des patients.
Au-delà de la performance clinique, ces résultats soulignent également l’importance d’une approche individualisée, intégrant les caractéristiques anatomiques, les contraintes chirurgicales et les enjeux organisationnels.
Des atouts toujours majeurs pour les prothèses standardisées
Si le sur-mesure montre des bénéfices dans les situations complexes, les prothèses standardisées conservent des avantages importants en pratique clinique.
Leur disponibilité immédiate permet une prise en charge rapide, tandis que leur recul clinique important garantit une bonne maîtrise de leurs performances. Elles présentent également un coût plus accessible et une logistique simplifiée.
Enfin, leur flexibilité peropératoire (pendant l’opération) permet au chirurgien d’ajuster l’implant en temps réel selon les contraintes rencontrées.
Ainsi, les prothèses standardisées restent une solution fiable et pertinente, notamment dans les situations anatomiques simples ou lorsque les contraintes de délai sont fortes.
Une contribution directe au projet Inside 3D
Ces recherches s’inscrivent pleinement dans la dynamique du projet Inside 3D, qui vise à développer et standardiser l’usage de l’impression 3D à l’hôpital.
L’utilisation de prothèses sur mesure repose en effet sur un workflow numérique complet :
- acquisition d’imagerie 3D,
- planification préopératoire,
- conception assistée par ordinateur,
- fabrication additive.
En ce sens, le rapport du Pr Nicot illustre concrètement comment l’impression 3D peut transformer la pratique chirurgicale, en passant d’une logique standardisée à une médecine véritablement personnalisée.
Vers une chirurgie plus prédictive et plus précise
Au-delà des résultats actuels, ces recherches ouvrent des perspectives importantes :
- intégration de la simulation biomécanique,
- recours à l’intelligence artificielle pour optimiser la conception des implants,
- développement de nouveaux matériaux.
Autant d’innovations qui pourraient, à terme, améliorer encore la précision des interventions et la durabilité des prothèses.
Pour en savoir plus
L’ensemble des résultats et analyses est détaillé dans l’article scientifique complet :
Réalisé dans le cadre du 60ème congrés de la société française de stomatologie et de la chirurgie maxilo-faciale.